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Nom du blog :
philozof
Description du blog :
Réflexions brèves sur les choses de la vie
Catégorie :
Blog Philosophie
Date de création :
22.04.2009
Dernière mise à jour :
05.11.2009

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amour avenir bal masqué bonheur broder chance charme créativité créer détresse dieu difficulté

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"J'ai raté ma vie"

Publié le 05/11/2009 à 12:16 par philozof Tags : rater sa vie réussir sa vie difficultés échecs obstacles malheur chance

"Mon problème, c’est que j’ai raté ma vie.

   - Voilà, en effet, le problème : tout est là !

   - N’est-ce pas ?

   - Oui, c’est de croire que vous l’avez ratée qui est le problème.

   - Comment ?!

   - La vie est ce que nous en faisons : si vous croyez qu’elle est ratée, définitivement, pourquoi et comment tenteriez-vous de la réussir ? Il est normal d’avoir des difficultés, des échecs : la vie n’est pas un chemin de roses. Elle n’est pas servie sur un plateau d’argent ; c’est celle qui l’est qui est ratée, parce qu’on ne va rien en faire, on va la subir, on ne va pas devenir ce qu’on est potentiellement, réaliser ses potentialités, s’accomplir – on va la manquer.

   "Les difficultés sont les moyens mêmes de nous réaliser : ce ne sont pas des malheurs mais des chances. C’est parce que vous rêviez d’une vie facile, et que face à la difficulté d’exister vous avez battu en retraite au lieu de vous battre, que vous avez le sentiment d’être passée à côté de votre vie, et pour cause.

   "Votre problème est l’idée que vous vous faites de la vie : quand on présume qu’elle doit être facile, le moindre obstacle vous décourage, c'est-à-dire vous encourage à la voir moins en rose, jusqu’à la voir noire comme la nuit.

   "Vous n’avez pas raté votre vie, vous ne l’avez pas encore accomplie : vous n’avez pas fait le chemin que vous devez faire pour devenir ce que vous êtes, et ce chemin, vous pouvez le faire encore. Il sera peut-être moins long, vous irez peut-être moins loin, mais vous irez, vous avancerez, vous deviendrez, vous serez.

   "Vous découvrirez le sens de votre vie et le sens de la vie en général et cette découverte vous comblera d’une joie toujours renouvelée."

 



"Pourquoi écrivez-vous ?"

Publié le 21/10/2009 à 22:32 par philozof Tags : ecriture créativité littérature malheur difficulté

Sur une radio culturelle, dans une émission littéraire, l’animateur interroge une jeune écrivaine. « Pourquoi écrivez-vous ? » demande-t-il à plusieurs reprises, insatisfait des réponses de la jeune fille, ayant manifestement une certaine idée, pour ne pas dire une idée certaine, de la réponse. « J’ai toujours eu envie d’écrire », disait en substance l’écrivaine. – « Oui, mais pourquoi ? » reprenait l’animateur.

 

L’envie d’écrire ne lui suffisait visiblement pas. On n’écrit pas parce qu’on a envie, ou besoin, d’écrire, parce qu’on a une raison intérieure, c'est-à-dire spirituelle, d’écrire… Mais alors ? A quelle raison songeait-il ?

 

A une raison extérieure, c'est-à-dire matérielle. L’écriture, c'est-à-dire la pensée, l’esprit, ne saurait être un fait premier, mais un artefact, pas une explication mais une implication, pas une fin, mais un moyen. On pense, on écrit parce qu’on a des problèmes existentiels, pour s’en distraire, pour s’en consoler, pour « témoigner », ou/et dans l’espoir de faire un best-seller et de passer à la télévision.

 

C’est la grande découverte des temps modernes, corollaire de celle de l’inexistence de Dieu : la pensée n’est pas une puissance mais une impuissance, le symptôme du mal-être, du malheur. Si on était heureux, on ne penserait pas. C’est pourquoi il n’y a pas de place pour la pensée dans le monde voué au bonheur où nous avons le malheur de vivre, c'est-à-dire de mourir dans l’âme, de mourir vivant.

 

Redevenons sérieux ! Le malheur n’est bien sûr pas la cause de l’écriture, de la pensée : il ne suffit heureusement (ou malheureusement) pas d’être malheureux pour être un écrivain ou un penseur, sinon le monde en regorgerait, or ils brillent par leur rareté. Mais la nécessité est mère de l’invention, et sans difficulté, la créativité en puissance ne se traduirait pas en acte.

 

La difficulté est moins la condition de la créativité que sa conséquence : un être créatif est, forcément, mal dans le monde tel qu’il est, dont il éprouve sans cesse les insuffisances. Il y est d’autant plus mal que sa créativité dérange fatalement la plupart des gens, qui s'identifient à l’ordre établi.

La créativité n’est pas l’effet mais la cause de la difficulté d’exister, qui conditionne sa mise en œuvre.

Le Huitième jour

Publié le 07/10/2009 à 17:00 par philozof

Quand Dieu eut créé le monde, il vit qu’il était parfait... et se sentit désormais inutile.

 

Car il n’avait plus rien à faire, et pour cause.

 

Alors il commença à déprimer et à dépérir.

 

Diable, son ombre, s’en inquiéta, car si Dieu mourait, il mourrait aussi, et lui souffla l’idée aussi simple et géniale qui le sauva :

- Qui peut le plus peut le moins. Toi qui as créé un monde absolument parfait, tu es sûrement capable de relativiser sa perfection, ce qui redonnerait un sens à ta vie.

 

Et Dieu, le huitième jour, créa le Mal, pour s’occuper.

 

Depuis, chaque fois que le monde va mal, les anges, paraît-il, disent :

-Tiens, voilà encore le bon Dieu qui s’ennuie !

 

Soins

Publié le 01/10/2009 à 10:45 par philozof Tags : soins médecine santé moral

Soins

 

 

Un médecin fait revenir un malade de temps à autre pour des soins. Sa secrétaire, qui sait que le mal dont il souffre est incurable, finit, cédant à sa curiosité, par demander au médecin pourquoi il soigne néanmoins ce malade.

 

– Ce n’est pas, comme vous pourriez le croire, pour l’argent : il est pauvre et je ne le fais pas payer.

– Mais alors ?

– Croyez-vous qu’on vive de la même façon quand on se sait atteint d’un mal incurable et quand on croit que ce mal peut guérir ou du moins ne pas s’aggraver ? Si mon malade n’était que son corps, c'est-à-dire était une chose, mes soins ne changeraient rien pour lui. Mais il est une personne, c'est-à-dire, d’abord, une conscience, une âme, et l’idée qu’il se fait de sa vie, de son avenir, le détermine dans une large mesure.

  Avec les mêmes moyens physiques, en subissant la même détérioration de sa santé, il peut vivre deux vies radicalement différentes : l’une, dans l’attente, c'est-à-dire l’anticipation, de sa déchéance, en la vivant doublement, dans son corps et dans sa tête ; l’autre, dans l’espoir d’une guérison ou d’une rémission, et en vivant constructivement, c'est-à-dire joyeusement, la fin de sa vie. Sans parler de l’influence, à mon avis certaine, du moral sur le physique, de la possibilité que la santé morale ait une relation de cause à effet avec la santé physique.

  Vous croyez vraiment que ça revient au même, que mes soins « inutiles » le soient vraiment ? Vous ne croyez pas qu’ils sont aussi efficaces, sinon plus, que s’ils étaient efficients ?

Bal masqué

Publié le 14/09/2009 à 11:22 par philozof Tags : bal masqué humour noir nouvelle humoristique

 

   – Un billet, s’il vous plaît. 

   – Mais vous n’êtes pas déguisé ! protesta le billettiste. C’est un bal masqué et le déguisement est de rigueur. 

   – Je suis déguisé ! dit l’homme d’une curieuse voix sans timbre. 

   – Vous portez un costume de ville, même pas une tenue de soirée… Je suis désolé, je ne peux pas vous laisser entrer. 

   – Je vous dis que je suis déguisé ! reprit l’homme, un ton au-dessus. 

   – Ca va durer longtemps ? Pour la dernière fois : c’est un bal masqué et on n’y entre que déguisé. 

   – Puisque vous ne voulez pas comprendre…, dit l’homme. 

   Il porta la main à son visage et retira prestement le masque qui le recouvrait, découvrant une tête de mort. 

   Le billettiste hurla de terreur. 

   – Je suis un mort déguisé en vivant. Les morts aussi ont le droit de s’amuser, non mais ! 

   Il arracha lui-même un billet du carnet, paya et entra, sans masque. 

   On lui décerna le prix du meilleur déguisement et il passa une excellente soirée.

La fille qui brodait

Publié le 07/09/2009 à 09:13 par philozof Tags : amour faire créer broder perdre son temps

Une jeune fille brodait dans le métro. C’était émouvant. A en... pleurer.

 

Pourquoi ?


Parce qu’elle faisait quelque chose de son temps, au lieu de le perdre en feuilletant des magazines imbéciles, de ruminer de faux problèmes ou des songes creux. Parce que le temps, pour elle, n’était pas quelque chose qu’il faut passer ou, pire, tuer, mais le bien le plus précieux, dont il faut faire le meilleur usage possible, c’est-à-dire un usage créateur. Parce que la vie pour elle était un don à fructifier et non un… dam (prononcer « dan »), c'est-à-dire une peine à purger : bref, une chance et non un malheur.


Rien n’est plus émouvant que l’amour généreux, générateur, de la vie, l’amour fondé sur la foi et l’espérance, par opposition à l’ « amour »… dévorant, vorace, consommateur, destructeur, l’ « amour » désespéré, qui n’a de l’amour que l’apparence et dont la haine est la réalité.


Rien n’est plus émouvant que l’amour.

Le troisième âge

Publié le 27/08/2009 à 00:13 par philozof Tags : vieillesse retraite

On vieillit d'abord et surtout dans sa tête, parce qu'on se croit vieux. Et on se croit vieux parce qu'on fait de la vieillesse, donc de la jeunesse, un absolu, au lieu de considérer la vie comme un tout, c'est-à-dire une continuité, qu'on divise arbitrairement, par commodité, en "âges". Les "âges" n'ont pas plus de réalité que les heures : la réalité, c'est le temps, qui est continu, c'est-à-dire indivisible.

...

Pour bien vieillir, il ne faut pas s'enfermer dans son âge. Mais, objectera-t-on, ce sont les autres qui vous y enferment... Certes, mais on n'y est pas pour rien. Le fait d'être mal dans son (troisième âge), d'avoir honte d'être... âgé, incite les "jeunes" à vous... reléguer.

...

La meilleure riposte à cette relégation, c'est, non pas - surtout pas ! - de chercher à leur ressembler (ça les conforterait dans le sentiment, naturel chez eux, que leur âge est le seul digne d'être vécu), mais au contraire de leur montrer qu'on est bien dans son âge, que, comme Piaf, on ne regrette rien, que la vieillesse n'est pas un reste de jeunesse mais un nouvel âge, un nouveau voyage, une nouvelle aventure, la plus passionnnte, si on l'a bien préparée, c'est-à-dire, en fait, si on l'a imaginée ainsi depuis ses jeunes années et a vécu en conséquence.

...

Ceux qui vivent leur jeunesse comme si elle seule valait d'être vécue font une "self-fulfilling prophecy", une prophétie autoréalisatrice : prophétisant que leur vieillesse sera un... naufrage, ils ne vont rien faire pour empêcher, le moment venu, le bateau de couler. Décrétant par avance le troisième âge nul et non avenu, ils ne vont rien projeter et préparer d'intéressant à faire lorsqu'ils l'atteindront, puisque cet âge est à leurs yeux sans intérêt. C'est pourquoi leur retraite sera, comme celle de... Napoléon en Russie, une débandade.

....

Pour donner à nos enfants l'envie de vieillir, c'est-à-dire de vivre, montrons-leur que si la vie ne commence peut-être pas à 60 ans, elle continue à cet âge et bien plus loin encore et qu'elle peut jusqu'au tout dernier moment valoir d'être vécue. Quelqu'un a dit que la flamme de la bougie est la même tant qu'elle brûle, même quand il ne reste presque plus de cire. La vie n'est pas la cire mais la flamme !

Dans le couloir du métro

Publié le 22/08/2009 à 02:03 par philozof Tags : indifférence précarité détresse misère

Dans le couloir du métro, je m’arrête devant un escalier encombré et mouillé, quasiment impraticable : un « clochard » hirsute et hagard, vêtu (si l’on peut dire) de hardes sordides, le descend, à moins qu’il ne le remonte (difficile de savoir, tant il est... statique), avec son… bagage, une dizaine de sacs et autant de bouteilles, dont une ou plusieurs ont dû se renverser.

 

Spectacle proprement « apocalyptique », qu’on pouvait croire d’un autre temps. Mon regard croise celui d’une dame qui a franchi, comme moi, sur le bord... sec l’escalier.

– Il n’y a pas de mots pour dire…

– Absolument, confirmé-je.

 

Le spectacle, en effet, est ineffable, mais sa cause profonde, elle, peut s’énoncer. J’ajoute :

– C’est ce monde qui engendre de telles horreurs.

– Oui, c’est la société, le système, dit la dame.

Nos chemins divergeant, je continue avec moi-même la conversation ébauchée.

 

Ce n’est pas la pauvreté, ni même la misère, qui est le problème : elle sont vieilles comme le monde. C’est l’indifférence au malheur, le manque d’attention bienveillante, de compassion. Les malheureux font tache, défaut, désordre dans un monde hédoniste, persuadé que le malheur est une survivance des temps anciens dont le progrès fera bientôt un mauvais souvenir.

 

Dans un monde où le malheur est déplacé, il n’y a pas de place pour les malheureux. Le malheureux dérange, rappelle que la vie peut être dure, cruelle, que la douceur de vivre n’est pas donnée, qu’elle est difficile à conquérir et à conserver… Et ce qui nous rappelle ce que nous voulons oublier, nous le refoulons, nous le refusons, ajoutant le malheur de l’exclusion, de la solitude, au malheur de la précarité.

 

Le malheur s’ajoute au malheur, cercle vicieux, infernal, qui ne concerne que les malheureux quand ils sont isolés, c'est-à-dire rares, et toute la société quand leur nombre, leur densité s’accroît, rompant leur isolement. Alors, avec l’énergie du ressentiment, c'est-à-dire du désespoir, le cancer du malheur commence à essaimer, et c’est le bonheur, bientôt, qui devient un souvenir.

 

Ce qui était le plus horrible chez cet homme, ce n’étaient pas ses guenilles, sa saleté, ses sacs et ses bouteilles : c’était son expression hagarde, qui traduisait son anéantissement intérieur.

 

La pauvreté, la misère même, dans un monde solidaire, à tout le moins attentif et bienveillant, peut dégrader le corps mais pas l’âme.

 

Cet homme avait l’âme détruite. Non par la pauvreté matérielle, mais par la misère spirituelle de ses semblables.

Prophéties autoréalisatrices

Publié le 18/08/2009 à 22:46 par philozof Tags : prophétie avenir fatalisme pessimisme optimisme

Un médecin convaincu que son malade est incurable ne fera rien pour le guérir. Si on croit que le monde court inéluctablement à sa perte, on ne va rien tenter pour le sauver. Or, le monde, plus que jamais, est ce qu’en font les hommes, et s’ils ne font rien, il est perdu.

 

Toutes les prophéties sont « autoréalisatrices » : l’idée qu’on se fait de l’avenir le détermine dans une large mesure, bien plus sans doute que les données objectives. Dis-moi ce que tu attends, je te dirai ce qui t’attend. Il n’y a pas de prophéties « objectives », l’avenir n’existant objectivement que quand il est… advenu.

 

La prophétie est subjective par essence : elle exprime, sinon un souhait, ou un penchant, en tout cas le fatalisme, quelle que soit la fatalité. Or, la fatalité est toujours négative : les choses vont à vau-l’eau quand on les laisse aller. Tous les prophètes sont de malheur.

 

On ne prédit pas l’avenir, on le fait : le prédire, c’est s’empêcher de le faire, l’empêcher de se faire. Le sage n’est ni pessimiste ni optimiste : il sait que l’avenir sera, pour l’essentiel, ce qu’on en fera.

La fille qui souriait

Publié le 13/08/2009 à 00:35 par philozof Tags : bonheur moral handicap

  Quai de Prague, à Orléans. Une jeune fille sort d’une voiture. Elle sourit de toutes ses dents… et de ses yeux aussi, précision importante. Sa bonne humeur, sa joie de vivre, si rare en ces temps maussades, laisse à penser qu’elle est particulièrement bien lotie…

 

  Mais la fille sort des... béquilles de la voiture : cette fille est handicapée, au moins provisoirement. C’est le secret, je le sens, de sa joie de vivre : quand on souffre et qu’on est naturellement enclin à broyer du noir, on est obligé, si on ne veut pas « craquer », de voir le bon côté des choses.

 

  La mauvaise humeur, la tristesse est un luxe de bien-portants.